Faux bond
Un jour, un ami à l’atelier, en confiance :
— Nicole, pourquoi ?
Je traduis :
— À quoi bon ?
Nulle offense. Il questionne mes dessins qui s’accumulent à l’atelier. Il interroge ce temps, tout ce temps où je fais faux bond à la communauté.
— Pour la joie ! mon ami.
Pour la vibration intime qui sera geste sur le papier, pour l’aventure. Pour ce trait qui m’a traversé l’esprit et filera sur la feuille, pour la couleur imaginée qui m’embarquera bien au-delà du songe initial. Parfois la pratique est rude, le doute oppressant, le résultat maigre mais.
J’y vais. Pour le risque, pour le vertige, pour combattre la peur d’achever ce dessin, mon dessein sans surprise. Pour le plaisir possible. Je le connais immense.
Nicole Guidi
Marseille – Janvier 2019
Ci-dessous les petits et moyens formats, les sauts de puce, les effacements prémédités, en noir ou en couleurs autres.